Projet de loi sur les Jeux d’Argent en Ligne « Les Reactions »
Suite au Projet de loi sur l’ouverture des Jeux d’Argent en Ligne par le ministre du Budget Eric Woerth, Easy-paris.com vous livre les réactions des principaux acteurs du marché.
Bien évidemment les acteurs historiques du Jeu sont dans l’ensemble ravi des mesures annoncées. Enthousiasme plus que mesuré de la part des acteurs du Web opérants déja depuis l’étranger pour qui le taux de taxation en France s’avère beaucoup trop important en comparaison des autres pays européens.
Eric Woerth, Ministre du Budget
Les Reactions du monde des Jeux d’Argent en Ligne et des Paris Sportifs
Les Opérateurs de Jeux d’Argent en Ligne ou les Petits Nouveaux
Isabelle Parize, Betclic
Bien que l’ouverture à la concurrence n’aura lieu que le 1er janvier 2010, « les places sont déjà prises », pour Isabelle Parize, qui note toutefois que « Betclic est déjà numéro un en France en termes de notoriété et de nombre de joueurs recrutés derrière le PMU et La Française des jeux. »
« C’est une avancée, la France s’ouvre, voilà la bonne nouvelle, car les jeux en ligne représentent un secteur en pleine croissance avec un potentiel très important. Nous estimons aujourd’hui le marché hexagonal à 4 milliards d’euros par an en mise de joueurs et à 400-500 millions par an en produit brut des jeux. Ces chiffres pourraient doubler d’ici à trois ans »
« C’est une ouverture faite pour protéger le PMU et la FDJ ! En plafonnant le taux de retour au joueur, la France introduit une contrainte qu’aucun autre Etat n’a mise en place. Cela risque d’avoir un effet dissuasif sur les clients. Dans tous les autres pays, on leur redonne 90 à 95% des mises. En France, on nous annonce entre 75 et 85% mais on sera probablement dans la fourchette basse. De plus, pour les paris sportifs en ligne, le gouvernement a fait le choix d’une taxation très élevée : elle atteindra 8,5% contre 3,75% en Italie, 1,5% en Grande-Bretagne et… 0,5% à Malte !
« Nous allons devoir discuter avec le gouvernement pour voir comment il compte protéger les détenteurs d’une licence française. Car, pour contourner le plafonnement du taux de retour au joueur et la taxation élevée, certains seront tentés de s’en passer, ce qui créerait une distorsion de concurrence avec les « bons élèves » prêts à jouer le jeu de la licence française. Chez Mangas Gaming, nous avons l’ambition d’être dans le top 3 européen et de le faire dans les règles. Mais il faut être sûr qu’on puisse gagner de l’argent en France ! Nous avons besoin d’assurances »
« Seuls les acteurs qui ont une taille européenne tireront leur épingle du jeu. »
« À ce stade, l’ouverture du marché décidée par le gouvernement est extrêmement contraignante…le niveau de taxation des mises est sans commune mesure avec ce qu’elle est ailleurs. En Italie, par exemple, les mises sur les paris sportifs ne sont taxées qu’à 3,7 %, à Malte c’est 0,5 % et en Angleterre 1,5 % «
J’entendais sur France Info tout à l’heure la directrice de Bwin (il me semble que c’est Bwin) qui hésitait au final à demander une licence ef France, car la rentabilité de cette dernière n’était pas si évidente que ça. Selon elle, les acteurs déjà présents (et ‘purement français’) étaient déjà trop bien installés. Elle se demandait aussi comment l’état français allait interdire les joueurs français d’aller sur des sites qui n’avaient pas la licence (malgrès les 3 ans et 45.000€ d’amende).
«Il va falloir qu’on adapte ce cadre à nos modèles économiques pour savoir si cela est rentable… »
Zeturf
« Le but de ce projet de loi est clairement de rapatrier les joueurs ‘illégaux’», commente Emmanuel de Rohan Chabot.
Chilipoker
Alexandre Dreyfus, président du site Chilipoker a relevé que « le joueur de poker français paiera demain trois fois plus cher pour jouer sur internet ».
Les Opérateurs de Jeux d’Argents français ou les Historiques
Les Casinos
Barrière
Le Président du Groupe Barrière s’est déclaré « optimiste ».
Tranchant
« Les sites illégaux ont accumulé des bases de données de dizaines de milliers de joueurs français. Si demain ils obtiennent une licence pour opérer légalement, nous partirons avec un handicap phénoménal », s’est inquiété Georges Tranchant, président du groupe de casinos Tranchant et secrétaire général du syndicat professionel Casinos de France.
J’imagine que les 15-20% non distribué serviront à payer la taxe perçue par l’état (en tout cas une partie).
Partouche
« On va enfin pouvoir exercer notre métier »
« Le groupe Partouche agit sur le Net depuis 1998. Aujourd’hui nous sommes donc pleinement opérationnels et nous attendons un cadre juridique pour pouvoir enfin demander une licence en France. Licence que je réclame depuis une dizaine d’années. Je suis donc serein même si le champ de l’ouverture me semble pour le moment un peu restreint. Je comprends que les machines à sous ne soient pas dans le champ de la loi, je l’accepte, mais je reste un peu sur ma faim quant aux jeux de table «
« Aujourd’hui l’État est pro-actif dans le dossier, cette prise de conscience était importante. Il nous appartient désormais, à nous opérateurs, de donner à l’État des garanties quant à notre fiabilité et à la prévention de l’addiction pour que les jeux de table soient acceptés dans une logique qui est exactement la même que celle que nous avons dans les casinos en dur. Nous devons être une force de proposition, ce que je suis depuis un moment déjà «
« Les dispositions fiscales sont un problème évident quant il s’agit de jeu. Le groupe Partouche paie 58 % sur son produit brut depuis des années sur ses casinos en dur et il arrive quand même à gagner un peu d’argent. Donc entre 0 et 58 % je suis confortable. S’agissant du Net, je demande à voir, en ce qui concerne le taux de retour au joueur… On verra, mais le plus important est qu’on puisse exercer notre métier, à armes égales avec tous les concurrents possibles et imaginables. On a l’habitude de la compétition, on aime ça. On va pouvoir se mettre à travailler dans de bonnes conditions et aller prendre les clients à ceux qui les ont déjà ! «
La Française des Jeux et le PMU
Française des Jeux
Le PDG de la FDJ Christophe Blanchard-Dignac a salué l’arrivée « du shérif au Far West ».
Le PMU
Le président Directeur Général du PMU Bertrand Bélinguier et le directeur Général de France Galop, Hubert Monzat, n’ont pas caché quand à eux leur satisfaction suite à l’intervention du premier ministre.
Les Autres Réactions
EGBA (Association Européenne des Jeux d’Argent et Paris en Ligne)
L‘EGBA est une association à but non-lucratif créée par les sept principaux opérateurs de jeux en ligne d’Europe : PartyGaming, bwin Group, Unibet, bet-at-home.com, Expekt, Interwetten et Digibet
L’EGBA, s’est félicitée de l’annonce de ce projet de loi, précisant qu’il appartient encore à la Commission européenne d’apprécier sa conformité avec le droit communautaire mais elle s’ interroge tout de même « sur la viabilité économique » du projet.
Frédéric Thierez, président de la Ligue de Football Professionel (LFP)
Frédéric Thiriez a salué jeudi le respect des « intérêts moraux et financiers » du projet de loi qui prévoit d’autoriser, entre autres, les paris sportifs en ligne. « En reconnaissant le droit de propriété des organisateurs de compétition, le projet de loi respecte les intérêts moraux et financiers que le football français défendait avec les autres ligues et l’ensemble du mouvement sportif….nous serons associés à la sélection des paris autorisés, ce qui est le meilleur moyen de préserver l’intégrité des compétitions….Pour les intérêts financiers, nous bénéficierons d’un juste retour sur les profits générés par les sociétés de paris…Les droits perçus, ainsi que les contrats de sponsoring désormais autorisés, contribueront à améliorer la compétitivité de nos clubs »
Dominique de Bellaigue, président du Cheval Français
« J’étais pour l’ouverture du marché à condition que tous les paris fonctionnent sur le modèle du pari mutuel, or ce ne sera pas le cas. L’égalité de traitement fiscal entre tous les types d’opérateurs et de joueurs et sur tous les paris hippiques et sportifs, est a priori une bonne nouvelle. Ceci dit, j’espère que l’Etat saura réellement contrôler les flux financiers (N.D.L.R : chose qui dans les faits sera particulièrement compliquée.). Les courses hippiques vont devoir se battre pour préserver leurs parts de marché au milieu d’une offre croissante de jeux sur internet. La transparence sera l’une de nos meilleures armes pour cela. »
Bernard Depierre / UMP
« Le texte, qui met fin au monopole de La Française des jeux et du PMU, est le fruit d’une longue concertation menée par le ministre du Budget, Eric Woerth, au travers d’un groupe de travail auquel j’appartenais …Ainsi, depuis près d’un an, j’ai plaidé, aux côtés notamment de Jean-François Lamour, pour que l’ouverture du marché des paris en ligne vienne assurer un juste retour financier à la filière sportive, cette filière ayant été bien trop souvent délaissée par les pouvoirs publics »
« C’est aujourd’hui chose faite, puisque le ministre a confirmé que les opérateurs de paris sportifs financeront, à hauteur d’au moins 1 % des mises, le Centre National pour le Développement du Sport (qui a pour mission la promotion, le développement et le financement du sport amateur). Le sport professionnel n’est pas pour autant oublié puisque des autorisations de sponsoring seront accordées dans des conditions réglementées (afin d’éviter tout conflit d’intérêt), et les organisateurs pourront désormais signer des accords commerciaux dans le cadre du droit de propriété des événements sportifs qu’ils organisent ».
Bernard Depierre se réjouit « d’avoir été entendu et que le budget du sport soit augmenté car chaque euro investi dans le sport rapporte bien davantage que ce qu’il coûte ».
Un Parieur Professionel
» En tant que parieur depuis déjà quelques années, les propos du ministre du Budget ne sont pas là pour rassurer les gros joueurs. Limitation de mise, limitation d’approvisionnement et limitation de capital sont des freins pour des joueurs comme moi. Tradant exclusivement sur un site anglais, j’ai peur que dès janvier 2010 je sois obligé d’arrêter ou de quitter la France pour continuer à vivre de ma passion. Le ministre est clair, plus le taux de redistribution pour le joueurs est faible, moins ils réengagent leurs mises et moins ils développent une addiction. C’est pour moi une politique hypocrite quand on connait la publicité qui est faite autour des jeux de grattages de la Francaise de Jeux. Il n’a pas évoqué les sites dit «exchange» qui permettent d’acheter et revendre ses paris comme le propose le site sur lequel je parie. Donc je suis très sceptique quant à la suite des évenements »
Ludovic Melot, Directeur d’Etudes chez PRECEPTA et auteur de l’étude « Paris et Jeux en Ligne »
»Je ne vois pas en effet pourquoi un joueur irait sur un site de jeu implanté en France où la probabilité pour qu’il gagne est plus faible et qui serait en plus taxé sur ses mises. L’utilisateur a tout intérêt à continuer à jouer sur des sites implantés à l’étranger. Or pas moins de 375 sites sérieux et respectable proposent une interface en Français et ils sont pour la plupart implantés non pas dans des paradis fiscaux exotiques, mais au Canada, à Malte ou à Gibraltar. Les contraintes légales et fiscales seront supportables pour les opérateurs à la condition que les autorités interdisent effectivement l’accès aux sites non autorisés. Mais se pose alors un problème technique – surveillance et blocages des adresses IP des joueurs – et un problème légal : la France pourrait en effet être trainée devant la cour européenne pour entrave à la libre circulation des services. Pourquoi un opérateur, qui possède une licence dans un pays de l’Union ne pourrait fournir ses services à un autre pays de la zone ? »
« Les acteurs historiques comme le PMU ou la Française des jeux vont certes perdre leur monopole. Mais ils peuvent compter sur leur marque reconnue pour se développer sur d’autres segments de marché. D’ailleurs, la Française des jeux a eu tout le loisir de se préparer, le projet de loi ayant trainé en longueur depuis des années. Reste que les sites dit illégaux ont pris de telles parts de marché qu’il sera difficile de les déloger. Les nouveaux entrants, qui sont des géants des médias et des télécoms comme Orange, TF1 ou encore M6 devront nouer des alliances avec eux s’ils veulent se faire une place au soleil «
Terra Nova
Terra Nova est un think tank progressiste indépendant ayant pour but de produire et diffuser des solutions politiques innovantes, en France et en Europe.
» Je note d’abord une clarification salutaire. Le gouvernement a cessé de dire qu’il y avait une fatalité européenne à l’ouverture du secteur des jeux à la concurrence, ce qui était à la fois faux et hypocrite. l’Europe n’a jamais interdit à aucun Etat d’avoir une politique restrictive en matière de jeux d’argent à partir du moment où elle s’applique de manière égale à tous les acteurs, publics comme privés. Or, pour des raisons fiscales et d’intérêt économique, l’Etat français n’a eu de cesse de développer ses monopoles comme la Française des jeux. Je préfère la position de l’Allemagne, qui a préféré interdire purement et simplement les jeux en ligne au nom de l’intérêt général «
« Au nom du réalisme, le gouvernement dit qu’il vaut mieux réguler tous ces sites qui se sont développés dans l’illégalité et ne lui rapportent aucune recette…Cela ne va pas empêcher d’augmenter l’offre de jeux, donc leur consommation et les comportements addictifs qui y sont associés. C’est mécanique. Je pense d’autre part qu’il est illusoire de penser qu’on puisse en rester à une ouverture partielle, avec des jeux et des pratiques autorisées en ligne et d’autres qui ne le sont pas. Très vite, l’ouverture sera totale. C’est une voie sans retour, très dangereuse »
« Il n’y a pas de fatalité à jouer plus pour perdre plus ! On aurait pu faire le choix de renforcer la tutelle afin de réellement encadrer les monopoles et de donner la priorité aux objectifs de santé publique. Plutôt que chaque Etat fasse sa petite cuisine dans son coin, c’est au niveau européen qu’il aurait fallu définir une politique commune. Avec un Internet qui se joue des frontières, un cadre national de régulation est complètement dépassé »
Yves Hémard, Directeur Associé de LudWin Group
LudWin Group est une solution différente pour le marché des jeux ; une nouvelle philosophie commerciale, marketing et technique qui s’exerce sur l’ensemble des continents. Conscient des réalités du marché, LudWin Group trouve des solutions adaptées aux besoin
» Plus qu’une ouverture, le projet de loi vise à remettre de l’ordre dans le marché. Jusque là, il y avait des opérateurs illégaux (au regard de la loi française, pas de la loi européenne, ndlr) … qui étaient tolérés. Demain, ces opérateurs seront contrôlés et soumis aux mêmes règles. Cela va donner à tout le monde – opérateurs, joueurs – une meilleure lisibilité du marché »
« Le projet est très favorable pour les anciens monopoles comme la Française des Jeux. Car ses taux de prélèvement vont être réduits. Aujourd’hui, la FDJ redistribue 70% aux joueurs et 20% à l’Etat. Comme le taux de redistribution au joueur va être plafonné par la loi à 80-85%, la FDJ va pouvoir redonner plus à ses clients »
« Le choix des joueurs se fera sur la notoriété et la confiance. C’est la qualité du marketing qui fera la différence. Les nouveaux entrants sont forcément plus dynamiques et réactifs. Mais la FDJ peut s’appuyer sur la force de frappe que représentent ses 38 000 points de vente. Encore faut-il qu’elle ait anticipé et préparé une offre adéquate. De toute façon, tant qu’on en reste là dans l’ouverture, ce n’est pas le casse du siècle ! Le marché officiel, qui atteint 20 milliards d’euros, ne va pas doubler du jour au lendemain. Je table plutôt sur une croissance de 15 à 20% »
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